Francis Delattre s’excuse pour « le côté réserviste »
6 février 2010 par cormeillesenparisis« La seule chose que je tiens à dire à M. Soumaré, et à lui seul, c’est que si le côté réserviste que j’ai pu utiliser quelque part au fond de lui même le touche, de ce point de vue là, je m’en excuse », a déclaré mercredi le maire UMP de Franconville sur le plateau de VOtv, la télévision du Val d’Oise, à l’occasion d’un Face à Face avec le premier secrétaire du PS 95. Il a qualifié au cours de l’émission ses propos de “petit jeu de mot que l’on peut admettre comme regrettable”.
« La connotation raciste, c’est une affabulation. J’ai 30 ans de vie politique, jamais vous ne trouverez dans aucune de mes actions, dans aucun de mes propos, une connotation raciste », a souligné Francis Delattre.
De son côté, Dominique Lefebvre le patron du PS Val-d’Oise a souligné que « les propos de Francis Delattre sont inacceptables. J’ai dit qu’ils sont indignes d’un élu de la République ». « Je ne mets pas en cause les convictions profondes de Francis Delattre. Je dis qu’à un moment ce qu’il faut combattre dans la société c’est l’ambiguïté, c’est le racisme ordinaire, c’est la discrimination, c’est la xénophobie ordinaire », a déclaré Dominique Lefebvre.
Voir le débat
Un petit retour en 1992 pour Monsieur Delattre
Les “pitreries” de Mr Delattre
30 janvier 2010 par cormeillesenparisisRégionales 2010 : Communiqué de Dominique Lefebvre, 1er Secrétaire
Dominique LEFEBVRE, 1er Secrétaire de la Fédération du Val d’Oise du Parti socialiste, a pris connaissance avec stupéfaction et consternation des propos racistes, xénophobes et discriminatoires tenus hier soir, lors du meeting de lancement dans le Val d’Oise de la campagne régionale de Valérie PECRESSE et Axel PONIATOWSKI par Francis DELATTRE, maire UMP de Franconville et ancien député.
La mise cause d’Ali SOUMARE, tête de liste du Parti socialiste dans le Val d’Oise, à raison de ses origines et de la ville dont il est issu, Villiers-le-Bel, bafoue tous les principes de la République et de la citoyenneté.
Cette déclaration qui semble avoir fait beaucoup rire les responsables départementaux de l’UMP n’est pas un dérapage. Elle montre le vrai visage de la droite du Val d’Oise, un visage haineux et discriminatoire vis à vis des territoires et des habitants du Val d’Oise et en particulier de sa jeunesse. Elle s’inscrit dans le débat nauséabond engagée sur l’identité nationale.
Non, il n’y a pas en France et dans le Val d’Oise, deux catégories de citoyens et de responsables politiques, non il n’y a pas deux catégories de territoires.
Dominique LEFEBVRE a écrit à Valérie PECRESSE et Axel PONIATOWSKI pour exiger qu’ils désavouent sans délai publiquement et sans aucune ambiguïté les propos de Francis DELATTRE.
Le Parti socialiste conduira dans le Val d’Oise, avec Jean-Paul HUCHON, Ali SOUMARE et Robert HUE, une campagne républicaine et digne pour rassembler les Valdoisiennes et Valdoisiens autour des valeurs d’égalité et de progrès social.
meeting sur VO news
LA LAÏCITE EST ELLE EN DANGER ?
29 janvier 2010 par cormeillesenparisisSuite à l’article de Dominique Lefebvre (Le Monde du 10/12/09 – Doc joint) en réponse à la tribune de Nicolas Sarkozy,
LA LAÏCITE EST ELLE EN DANGER ?
Avec :
DOMINIQUE LEFEBVRE Maire de Cergy
Président de Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise
1er Secrétaire de la Fédération du Val d’Oise du Parti socialiste
PIERRE KAHN
Professeur d’université
JEUDI 11 FEVRIER De 20 H A 21H45
A la « Fontaine de Trévi » Rue Carnot à Pontoise
LE STRESS AU TRAVAIL
27 janvier 2010 par cormeillesenparisisDominique LEFEBVRE Premier Secrétaire fédéral Jocelyn JOLI Délégué fédéral aux débats INVITATION vous invitent à un débat sur
LE STRESS AU TRAVAIL
Le Mercredi 27 janvier à 20 H en Fédération
29, rue Francis Combe - Cité Francis Combe à CERGY - A15 Sortie 10
Avec
♦ Michel DEBOUT, Pt de la Comm. éco. et soc. du PS - Auteur de “Le stress au travail”
♦ Pierre THIRY, Médecin du travail
♦ Jean-Philippe POULNOT, Directeur général du groupe « Chèques déjeuners »
♦ Représentants syndicaux CGT & CFDT, CFE CGC …
et avec la contribution de :
Frédéric FARAVEL, Patrick HADDAD, Julie LEFEBVRE,
Patrick MEULEMAN, Adélaïde PIAZZI, Mario SEEBOTH
Débat ouvert aux sympathisants
Fédération du Val d’Oise du Parti Socialiste - 29, Rue Francis Combe 95000 CERGY
fede95@parti-socialiste.fr - www.ps95.fr - 01 30 75 89 40
Avenir du système de retraites: orientations et méthode
26 janvier 2010 par cormeillesenparisisLa retraite par répartition, c’est-à-dire la solidarité entre les générations, est au cœur du modèle social de notre pays et constitue le socle fondamental de notre système de retraites. Nous devons le défendre et le sauvegarder.
Or, les réformes du système de retraite de 1993 et 2003 n’ont réglé ni le problème du financement, ni celui du niveau des pensions qui ne cesse de se dégrader, ni permis de prendre en compte pleinement la situation des carrières longues, la pénibilité et les différences d’espérance de vie.
Au total, notre système de retraite n’est aujourd’hui pas financé durablement et n’assure pas un niveau de vie décent au plus grand nombre des retraités. Cette situation est aggravée par le très faible taux d’emploi des plus de 50 ans, une personne sur deux étant au chômage ou en préretraite au moment de faire valoir ses droits à la retraite.
C’est pourquoi la réforme du système de retraite qui sera discutée à partir de cette année est décisive. Le Parti socialiste prendra toute sa part dans le débat sur l’avenir des retraites.
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La majorité départementale prend ses responsabilités pour améliorer l’aide aux communes
25 janvier 2010 par cormeillesenparisisCommuniqué de Presse
Le 15 janvier dernier, l’assemblée départementale a adopté le rapport « contractualisation » réformant les aides du Conseil général aux 185 communes du Val d’Oise. Enfin, une majorité départementale prend ses responsabilités et s’attache à réformer un dispositif connu pour ses lourdeurs, sa complexité et surtout pour son manque d’équité. Le système de guichet « ouvert », empilement de dispositifs sans grande lisibilité ni cohérence, n’était pas exempt d’effets pervers au premier rang desquels une répartition inégale des subventions du Conseil général entre les territoires.
En effet, les subventions départementales pouvaient varier du simple au triple selon les communes. Le principe était simple mais pernicieux : quand un taux de subvention est de 25 %, la commune qui peut investir 1 M€ reçoit 250 000 €, alors que celle qui peut investir 2 M€ reçoit 500 000 €. Plus les communes avaient une capacité d’investissement grande, plus elles étaient soutenues par le Conseil général. Ce système pénalisait grandement les villes et villages pauvres en trésorerie et en ressources fiscales, qui bien souvent devaient renoncer à des investissements coûteux mais nécessaires. C’est pour remédier à ce constat, que la majorité de gauche du Conseil général a décidé non seulement d’augmenter son enveloppe d’aides (50 M€) mais de la répartir de manière plus juste sur le territoire. Pour cela, des critères objectifs ont été établis qui permettront de bonifier les aides aux communes les plus défavorisés sans léser les autres.
C’est une question de responsabilité. C’est une question de justice.
Conformément à ses engagements, la nouvelle majorité a saisi l’opportunité de cette réforme pour introduire une dimension durable dans la mise en œuvre de son aide aux communes. Demain, les projets soutenus du Conseil général devront intégrer les exigences du développement durable (progrès social, économie d’énergie…). Répondre à l’urgence climatique suppose un changement des comportements individuels mais aussi des modalités de l’action publique. La contractualisation permet ainsi d’engager l’acte I de « l’Eco-département ».
Dans un contexte de ressources difficile, face notamment à la baisse des dotations et au désengagement de l’état, force est de constater que le Conseil général, pour sa part, accroît la part du budget qu’il consacre à l’aide aux communes. Nous ne pouvons que nous féliciter d’un tel engagement et soutenir une démarche qui va dans le sens d’une plus grande équité et du développement durable.
Jean-Pierre BEQUET
Président de l’UDESR
invitation Réunion Développement durable
11 janvier 2010 par cormeillesenparisis“Ce que Sarkozy propose, c’est la haine de l’autre”
27 décembre 2009 par cormeillesenparisis
Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED).
Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, il observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l’identité nationale. Sans dissimuler sa colère. “Si vous êtes au pouvoir et que vous n’arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature”, estime-t-il.
Que vous inspire le débat sur l’identité nationale ?
Je m’en suis tenu à l’écart autant que possible, car ce débat est, à mes yeux, vraiment pervers. Le gouvernement, à l’approche d’une échéance électorale, propose, je dirais même impose, une thématique de la nation contre l’islam. Je suis révulsé comme citoyen. En tant qu’historien, j’observe comment cette thématique de l’identité nationale a été activée par en haut, comme un projet assez cynique.
Quelle est votre analyse des enjeux de ce débat ?
Le Front national a commencé à s’incruster dans le monde ouvrier en 1986, à une époque où les élites refusaient de s’intéresser aux problèmes posés par l’intégration des populations immigrées.
On a alors senti une anxiété qui venait du bas de la société, qui a permis au Front national d’exister jusqu’en 2007. Comme je l’ai souligné dans mon livre, Le Destin des immigrés (Seuil), en 1994, la carte du vote FN était statistiquement déterminée par la présence d’immigrés d’origine maghrébine, qui cristallisaient une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de moeurs ou de statut de la femme. Depuis, les tensions se sont apaisées. Tous les sondages d’opinion le montrent : les thématiques de l’immigration, de l’islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.
La réalité de la France est qu’elle est en train de réussir son processus d’intégration. Les populations d’origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d’Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l’effondrement du Front national.
On estime généralement que c’est la politique conduite par Nicolas Sarkozy qui a fait perdre des voix au Front national…
Les sarkozystes pensent qu’ils ont récupéré l’électorat du Front national parce qu’ils ont mené cette politique de provocation, parce que Nicolas Sarkozy a mis le feu aux banlieues, et que les appels du pied au FN ont été payants. Mais c’est une erreur d’interprétation. La poussée à droite de 2007, à la suite des émeutes de banlieue de 2005, n’était pas une confrontation sur l’immigration, mais davantage un ressentiment anti-jeunes exprimé par une population qui vieillit. N’oublions pas que Sarkozy est l’élu des vieux.
Comment qualifiez-vous cette droite ?
Je n’ose plus dire une droite de gouvernement. Ce n’est plus la droite, ce n’est pas juste la droite… Extrême droite, ultra-droite ? C’est quelque chose d’autre. Je n’ai pas de mot. Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d’une analyse durkheimienne - en termes d’anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d’une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d’émergence oligarchique.
Le chef de l’Etat a assuré qu’il s’efforçait de ne pas être “sourd aux cris du peuple”. Qu’en pensez-vous ?
Pour moi, c’est un pur mensonge. Dans sa tribune au Monde, Sarkozy se gargarise du mot “peuple”, il parle du peuple, au peuple. Mais ce qu’il propose aux Français parce qu’il n’arrive pas à résoudre les problèmes économiques du pays, c’est la haine de l’autre.
La société est très perdue mais je ne pense pas que les gens aient de grands doutes sur leur appartenance à la France. Je suis plutôt optimiste : quand on va vraiment au fond des choses et dans la durée, le tempérament égalitaire des Français fait qu’ils n’en ont rien à foutre des questions de couleur et d’origine ethnique ou religieuse !
Pourquoi, dans ces conditions, le gouvernement continue-t-il à reprendre à son compte une thématique de l’extrême droite ?
On est dans le registre de l’habitude. Sarkozy a un comportement et un vocabulaire extrêmement brutaux vis-à-vis des gamins de banlieue ; il les avait utilisés durant la campagne présidentielle tandis qu’il exprimait son hostilité à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne dans un langage codé pour activer le sentiment antimusulman. Il pense que cela pourrait marcher à nouveau.
Je me demande même si la stratégie de confrontation avec les pays musulmans - comme en Afghanistan ou sur l’Iran - n’est pas pour lui un élément du jeu intérieur. Peut-être que les relations entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, c’est déjà pour lui de la politique extérieure ? On peut se poser la question…
Si vous êtes au pouvoir et que vous n’arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu’elle a été pratiquée avant-guerre.
Quels sont les points de comparaison avec cette période ?
Un ministre a lui-même - c’est le retour du refoulé, c’est l’inconscient - fait référence au nazisme. (Christian Estrosi, le 26 novembre, a déclaré : “Si, à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d’interroger sur ce qui fonde réellement l’identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité l’atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne.”) En manifestant d’ailleurs une ignorance de l’histoire tout à fait extraordinaire. Car la réalité de l’histoire allemande de l’entre-deux-guerres, c’est que ce n’était pas qu’un débat sur l’identité nationale. La différence était que les nazis étaient vraiment antisémites. Ils y croyaient et ils l’ont montré. La France n’est pas du tout dans ce schéma.
Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d’avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L’Etat se mettant à ce point au service du capital, c’est le fascisme. L’anti-intellectualisme, la haine du système d’enseignement, la chasse au nombre de profs, c’est aussi dans l’histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme.
La comparaison avec le fascisme, n’est-ce pas excessif ?
Il ne s’agit pas du tout de dire que c’est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d’entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l’extrême droite en Europe.
C’est pourtant Nicolas Sarkozy qui a nommé à des postes-clés plusieurs représentantes des filles d’immigrés…
L’habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d’un côté la haine, le ressentiment ; de l’autre la mise en scène d’actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c’est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.
Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon et Sylvia Zappi
Souffrance en entreprise : quels remèdes ? Il faut adapter le travail à l’homme, pas l’inverse
27 décembre 2009 par cormeillesenparisisLE MONDE | 18.12.09 | 14h38 • Mis à jour le 18.12.09 | 14h38
Depuis longtemps, nous alertons sur la montée de la souffrance au travail. Nous devrions nous réjouir que les pouvoirs publics se saisissent de ce dossier. Nous sommes pourtant inquiets de la façon dont s’engage la prévention des risques psychosociaux et des conséquences que cela peut entraîner pour des salariés déjà malmenés.
On ne résoudra pas le problème du mal-être au travail, des dépressions professionnelles ou des suicides à coups de numéros verts, de formation à la gestion du stress et encore moins d’autopsies psychiques. Au mieux, ces actions n’ont pas d’effet sur la cause majeure des problèmes ; au pire, elles culpabilisent les salariés qui utilisent ces services, mais ne se sortent pas des impasses dans lesquelles l’organisation du travail les place.
Il est aussi irresponsable de confier à l’encadrement, voire aux collègues, la détection des salariés “fragiles”, dont la “vulnérabilité” ne leur permettrait pas de supporter les conditions de travail, considérées, elles, comme immuables. On marginalise ainsi davantage des salariés qui perdent pied, alors qu’il s’agit au contraire de mettre fin à leur isolement. On place aussi les cadres de proximité dans une injonction paradoxale insupportable : d’un côté, des objectifs intenables qu’ils doivent imposer à leurs équipes et, de l’autre, le repérage des dégâts qu’ils ont contribué à répandre.
Non, si l’on veut prévenir les risques psychosociaux, c’est le travail qu’il faut soigner en priorité. C’est le travail qu’il faut adapter à l’homme et non l’inverse. C’est là que les marges de manoeuvre sont les plus grandes, tant les modes d’organisation du travail et la gestion des ressources humaines ont dégradé le travail et les relations sociales.
Reconstruire des collectifs de travail
Chasse aux effectifs, pressions pour diminuer la masse salariale en poussant à la démission, individualisation des rémunérations et de l’évaluation des performances, intensification du travail avec multiplication des contraintes, suppression des temps “improductifs”, organisation du travail en juste-à-temps, prescription de modes opératoires standardisés, tous ces facteurs sont à l’oeuvre dans la plupart des secteurs de l’économie et des fonctions publiques.
Ils concourent à isoler les salariés et à les priver d’un nécessaire soutien collectif. Or, c’est le coeur de la souffrance des salariés aujourd’hui. Etre en permanence débordé, avoir le sentiment de ne plus arriver à faire un travail de qualité et ne pas pouvoir en parler à ses collègues, eux-mêmes débordés et en concurrence sur les objectifs, confine le salarié dans sa solitude.
Fréquemment, les préoccupations des directions, soucieuses de la seule rentabilité économique et financière à court terme, sont en rupture avec l’expérience concrète du travail vécue par les salariés. Bien travailler impose toujours de prêter attention à des aspects de la situation de travail que la hiérarchie n’est pas en mesure de percevoir. Or, aujourd’hui, en raison de la pression sur les coûts, il est souvent impossible de faire un travail de qualité, conforme aux exigences que l’expérience individuelle et collective des produits et des clients a développées. Les salariés doivent trier et abandonner des pans entiers de leur activité, sans possibilité d’en débattre avec leurs collègues. Chacun se débrouille, seul, en fonction de ses propres critères. Cela débouche fréquemment sur des conflits de travail, qualifiés à tort de “conflits personnels”. L’impossibilité de débattre des “détails” qui font la qualité du travail a un coût élevé pour la santé psychique. Les conflits psychiques sont l’intériorisation de débats sociaux qui n’ont pas lieu.
Cette situation appelle une série de mesures énergiques visant à restaurer dans les entreprises des capacités d’expression et de débat.
Nous appelons les acteurs sociaux des entreprises à négocier en priorité sur l’expression des salariés. Il s’agit de reconstruire des espaces d’échange, entre salariés d’abord, puis entre les salariés et leur hiérarchie, sur les difficultés que pose le travail. La reprise de ce dialogue est un préalable indispensable pour repenser l’organisation et les finalités du travail. Cette requête n’a rien de révolutionnaire : il s’agit de réactiver le “droit à l’expression directe et collective sur le contenu, les conditions d’exercice et l’organisation de leur travail”, défini à l’article L. 2281 du code du travail.
L’enjeu, mais aussi la difficulté, est de surmonter l’isolement des salariés. Pour que le processus soit fructueux, il est nécessaire de prévoir des temps suffisants de confrontation des expériences entre salariés et d’élaboration de la pensée. On ne maîtrisera pas les risques psychosociaux sans reconstruire des collectifs de travail. Cela passe par le renforcement de l’acteur syndical, mais aussi par le développement de pratiques syndicales au plus près du travail. Pour négocier, les syndicalistes ont besoin de temps pour débattre du travail avec les salariés.
Des moyens nouveaux pour les CHSCT seraient aussi les bienvenus. La formation générale de base prévue par la loi n’est pas suffisante. Devrait s’y ajouter un droit à la formation sur les risques avérés dans l’entreprise (risques psychosociaux, troubles musculo-squelettiques, risques majeurs). Le droit d’alerte du CHSCT, cantonné aux risques graves, devrait être étendu aux risques organisationnels.
Par ailleurs, si la loi a bien prévu d’obliger l’employeur à respecter des principes généraux de prévention (article L. 4121-2 du code du travail), intégrant l’organisation du travail, l’adaptation du travail à l’homme, et même la limitation du travail cadencé et monotone, aucun décret d’application de ce texte voté en 1991 n’a été pris. Il devient indispensable de combler cette lacune. Nous demandons aux pouvoirs publics d’engager sans plus attendre ce chantier complexe.
Nous croyons nécessaire de créer des “délégués prévention” de branche et/ou de bassin d’emploi pour intervenir dans les TPE et PME dépourvues d’instances représentatives du personnel (IRP). De même, dans les cas de sous-traitance, il serait bénéfique d’instaurer une obligation de consultation mutuelle des IRP de l’entreprise donneuse d’ordre et de l’entreprise prestataire.
Enfin, il est grand temps de renforcer le devoir d’alerte incombant aux médecins du travail, non seulement en direction de l’employeur, mais aussi vis-à-vis des instances représentatives du personnel. Il devra être assorti d’une obligation de réponse écrite du chef d’entreprise.
François Daniellou est professeur d’ergonomie ;
Philippe Davezies, François Desriaux, Laurence Théry sont membres du comité de rédaction de la revue “Santé & Travail”.
Article paru dans l’édition du 19.12.09







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